URBAN HISTORY REVIEW/
REVUE D'HISTOIRE URBAINE

REVUE D'HISTOIRE URBAINE Vol. XXXIV, No. 2

Mars 2006

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A Home away from Home: Defining, Regulating, and Challenging Femininity at the Julia Drummond Residence in Montreal, 1920–1971

Elizabeth Kirkland

Résumé

Les jeunes femmes célibataires, récemment arrivées à Montréal, étaient fréquemment assujetties à de mauvais salaires, à des conditions de logement déplorables et à une foule de dangers inconnus, réels et imaginé, de la grande ville. Cet article examine la résidence Julia Drummond comme lieu d’échanges entre deux groupes de femmes – les bénévoles de classe moyenne qui assurent le fonctionnement de la résidence, et les jeunes femmes célibataires qui y vivent. Bien que répondant à un besoin sociétal en offrant logis et nourriture à des femmes gagnant de petits salaires, les gérantes de la résidence s’intéressent tout autant à façonner la féminité et la moralité des résidentes. Ancrés dans un langage de réforme et de renouveau, les pratiques et l’idéologie de ces femmes ressemblent de près à celles des réformateurs sociaux de la génération antérieure, faisant appel à une compréhension de la féminité basée sur leur vision de la race, de la classe sociale, de la religion et de la sexualité. Cet article relate la vie à la résidence et la façon dont certaines femmes y trouvent un second chez-soi, tandis que d’autres se sentent moins à l’aise à l’intérieur des murs d’une institution inconnue et de classe moyenne. Se positionnant comme citoyennes indépendantes de Montréal, et grâce à la disponibilité de logements abordables, plusieurs jeunes femmes célibataires affirment leur liberté et leur indépendance durant les années qui suivent la deuxième guerre mondiale en défiant les règles qui leur sont imposées et, ce faisant, rejettent la féminité structurée qui leur est offerte par des institutions tels la résidence Julia Drummond.
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Retrouver la ville à la campagne : la villégiature à Montréal au tournant du XXe siècle

Caroline Aubin-Des Roches

Résumé

Cet article porte sur les représentations de la villégiature à Montréal au tournant du XXe siècle. S’inscrivant dans le contexte d’urbanisation et d’industrialisation de cette époque, la villégiature correspond à la recherche de la nature par l’urbain et à son désir de rompre avec le rythme de la ville par le biais des vacances. L’examen de journaux montréalais entre 1895 et 1910 montre qu’en dépit de sa volonté de fuir la ville et ce qu’elle suppose (pollution, stress), le villégiateur désire reproduire plusieurs éléments urbains en villégiature. Ceci révèle l’existence de plusieurs contradictions. D’une part, l’exaltation d’une nature champêtre s’accompagne d’un désir de modifier la campagne pour la rendre plus belle et plus confortable, selon les critères et les besoins des villégiateurs. D’autre part, l’idéalisation des vacances et du temps libre se jumèle à la crainte de la vacuité et à la confection d’un emploi du temps calqué à l’image du rythme organisé de la vie urbaine. Considérée dans un tel contexte, la villégiature est un révélateur d’une période en turbulence et permet de saisir l’emprise des changements urbains et industriels sur la mentalité urbaine.
page 30

Lassoed and Branded: The Calgary Exhibition and Stampede and the City of Calgary, 1889–1976

Max Foran

Résumé

La relation entre le Calgary Exhibition and Stampede (Stampede) et la ville de Calgary est pour le moins complexe. D’une part, le Stampede n’existerait pas sans le gouvernement municipal. D’autre part, sa structure propre et le fait qu’il réussisse à attirer des éléments de pouvoir et d’influence lui confèrent une indépendance typique des entreprises privées. Puisque les deux parties s’entendent sur l’importance du Stampede pour la ville, les relations qu’elles entretiennent sont davantage coopératives que contraintes. Toutefois, dans les deux épisodes de controverse publique sur des décisions prises par les deux parties, la ville a laissé le Stampede encourir le blâme. Il en est résulté que l’image publique du Stampede s’est estompée alors que son aura d’indépendance a pris du relief.
page 43

La toile municipale aux XIXe–XXe siècles : un panorama transnational vu d’Europe

Pierre-Yves Saunier

Résumé

La « ville globale » est devenue un objet d’étude très couru depuis une quinzaine d’années. La participation active des cités aux mouvements d’interconnexion, qu’on résume sous le nom de globalisation, est pourtant absente de cette littérature. On fait ici l’hypothèse qu’en tant qu’acteurs et que sujets, les villes, à travers leur incarnation politique de gouvernements municipaux urbains, sont plus qu’un simple terrain où se déploie la globalisation. Les échanges entre ces gouvernements municipaux urbains et au sujet de leur fonctionnement, de leur action et de leur situation institutionnelle sont alors considérés comme participant à la construction des phénomènes d’interconnexion transnationale, qu’ils soient régionaux ou globaux. Cet article propose une première approche de la « toile municipale » tissée entre les gouvernements municipaux urbains et au sujet de ceux-ci à l’époque contemporaine. Cette toile inclut gouvernements municipaux, élus et employés municipaux, mais aussi savants et réformateurs ; organismes intergouvernementaux, organisations non gouvernementales nationales et transnationales aussi bien que sections de gouvernements nationaux ou infra-nationaux, sans omettre les entreprises qui travaillent sur le marché de l’urbain. Elle organise et canalise la circulation des idées, des personnes, des services entre les gouvernements municipaux urbains et à leur sujet. L’article s’attache particulièrement aux acteurs, matériaux de cette toile, aux objets qui la parcourent, en insistant sur les effets à long terme de ce réseau de contacts et d’échanges qui s’est mis en place depuis la fin du XIXe siècle.

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