URBAN HISTORY REVIEW/
REVUE D'HISTOIRE URBAINE

REVUE D'HISTOIRE URBAINE Vol. XXXV, No. 2

Mars 2007

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Introduction / photographes par David W. Lewis

Steven High
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Victoria Debates Its Post-industrial Reality: Tourism, Deindustrialization, and Store-Hour Regulations, 1900–1958

Michael Dawson

Résumé

En examinant les débats qui ont eu lieu à Victoria, en Colombie-Britannique, sur les heures d’ouverture des magasins, cet article souligne jusqu’à quel point la décision de la municipalité de poursuivre le tourisme comme alternative économique à l’industrie traditionnelle a divisé la communauté locale. Certains membres de la communauté défendaient l’efficacité du tourisme comme alternative économique et réclamaient l’élimination des réglements municipaux sur les heures d’ouverture, notamment la fermeture d’une demi-journée le mercredi, croyant que ces restrictions limitaient les dépenses des touristes. D’autres s’opposaient vigoureusement à l’élimination de ces restrictions sous prétexte qu’elles servaient les intérêts culturels et sociaux de la communauté. Cet article appelle à une compréhension plus flexible de la « désindustrialisation » qui voit celle-ci moins comme « période historique » que comme caractéristique inhérente au capitalisme et soutient la littérature récente sur le thème de la désindustrialisation contient d’importantes leçons pour les historiens qui examinent la période d’avant 1970.
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When Ghosts Hovered: Community and Crisis in a Company Town, Britannia Beach, British Columbia, 1957–1965

Katie Rollwagen

Résumé

Le présent article met en comparaison deux fermetures qui ont eu lieu dans la ville minière de Britannia Beach en Colombie-Britannique. Il explore dans quelle mesure la notion de communauté a été un « mythe suffisamment fort » pour unir les résidents contre les tentatives de fermeture de leurs employeurs. Durant l’arrêt de 1958 précipité par une chute des cours du cuivre, des notions opposées de communauté de concert avec des élans de loyauté envers l’employeur de longue date, la Britannia Mining and Smelting Company, ont suscité des sentiments de désespoir plutôt que de résistance chez les résidents. La plupart ont quitté Britannia pour se trouver du travail ailleurs, et peu sont revenus quand la mine a rouvert ses portes dix mois plus tard. En revanche, quand l’avenir de la ville a de nouveau été mis en doute lors d’un conflit de travail en 1964, les ouvriers ont réagi fermement. Lorsque le nouveau propriétaire, l’Anaconda Company, a menacé de fermer la mine, les grévistes ont organisé un front uni et fait appel à des confrères de partout au Canada pour garder la mine en opération. Une fois le différend réglé sept mois plus tard, le syndicat a crié victoire contre un conglomérat américain. Une main-d’oeuvre migrante, malgré ses faibles liens sociaux, avait invoqué des notions de communauté locale et nationale afin de rallier le groupe à la cause qui l’opposait à l’employeur. Le cas de Britannia montre comment lanotion de communauté peut à la fois atténuer et exacerber la réaction des ouvriers et des résidents, influençant ainsi leur façon de vivre la désindustrialisation.
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Industrial Sunrise? The Chrysler Bailout, the State, and the Re-industrialization of the Canadian Automotive Sector, 1975–1986

Dimitry Anastakis

Résumé

Depuis 1980, l’industrie automobile nord-américaine est caractérisée par la désindustrialisation. Toutefois, grâce à une intervention musclée de l’État, le Canada échappe à cette tendance. En effet, l’État canadien a formulé des exigences strictes quant à l’investissement et la production des fabricants automobiles étrangers. En prenant le fabricant Chrysler comme exemple, cette étude souligne que les politiques étatiques telles que le renflouement de 1980 et le Pacte de l’automobile de 1965 ont engendré une réindustrialisation du secteur automobile canadien. De ce fait, l’étude remet en question les théories plus anciennes concernant la dépendance et les travaux plus récents qui attribuent la réindustrialisation au militantisme ouvrier.
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Interpreting Personalized Industrial Heritage in the Mining Towns of Cumberland County, Nova Scotia: Landscape Examples from Springhill and River Hebert

Robert Summerby-Murray

Résumé

Réponses communautaires, la lutte pour la mémoire devient centrée sur le paysage public. L’interprétation de la mémoire collective a été étudiée à travers les histoires orales, les récits des travailleurs et l’art public. Cependant, les paysages personnalisés qui contribuent aussi à la compréhension du patrimoine industriel dans les villes et petites communautés désindustrialisées manquent à cette analyse. Cet article étudie un petit nombre d’objets fabriqués qui créent le paysage personnalisé du patrimoine industriel de deux villes minières du comté de Cumberland, Nouvelle-Écosse. L’interprétation de ces paysages accentue leur ambiguïté, ainsi que la contribution qu’ils peuvent offrir aux processus de résistance culturelle locale et leur motivation intensément personnelle. L’analyse examine à quel point ces paysages reflètent un plus vaste discours patrimonial cohérent ou servent à renforcer l’identité de la communauté locale, de la famille et du lieu.
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“A Future in the Past”? Tourism Development, Outport Archaeology, and the Politics of Deindustrialization in Newfoundland and Labrador in the 1990s

James Overton

Résumé

Déjà précaire, l’économie de base de nombreuses villes et petites communautés de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador s’est détériorée davantage pendant la crise de l’industrie de pêche des années 1990. La situation s’est aggravée lorsque les gouvernements fédéral et provincial ont mis en oeuvre des programmes de libéralisation économique ayant comme objectif de limiter le rôle de l’état dans les domaines économiques et sociaux.

Pendant que les effets de la crise se faisaient sentir et que l’aide provenant de l’état diminuait, le tourisme est devenu, pour un nombre augmentant de groupes locaux de développement et d’organismes de conservation du patrimoine, un moyen de restaurer l’économie de base bouleversée de plusieurs communautés. Du financement limité et à court-terme pour quelques projets reliés au domaine du tourisme provenait en grande partie d’un ensemble de programmes gouvernementaux employés principalement comme moyen de diriger politiquement l’ajustement structurel recherché.

L’article qui suit examine le rôle de la politique de l’état face à la désindustrialisation. Après avoir abordé le sujet de la crise economique en Terre-Neuve-et-Labrador et le développement communautaire qui fut favorisé suite à cette crise, un aperçu de quelques problèmes associés au développement du tourisme et à l’archéologie des collectivités isolées sera présenté. Ensuite, le rôle joué par l’industrie du tourisme dans la crise des communautés de Terre-Neuve-et-Labrador, qui étaient auparavant dépendantes de l’industrie de la pêche, est évalué dans l’axe de la pérrenité et de la survie.

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Deindustrialization as Public History: An Exhibition at the Manitoba Museum

Sharon Reilly

Résumé

La forte colonisation et l’industrialisation massive du sud du Manitoba à partir des années 1870, et le recul d’une grande partie de ce développement au cours du XXe siècle, est l’un des principaux thèmes de la plus récente exposition permanente du Manitoba Museum. Le présent article étudie cette industrialisation et désindustrialisation et analyse comment ces processus ont été interprétés dans la salle des forêtsparcs/ forêts mixtes. Trois industries distinctes sont étudiées : la Leary Brickworks de Roseisle, la Manitoba Glass Company de Beausejour et Mary Maxim, une entreprise de vente par correspondance de lainages qui a vu le jour dans le village de Sifton.