URBAN HISTORY REVIEW/
REVUE D'HISTOIRE URBAINE
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Vol. 42, Nº 1 (2013)
Date de publication : 2013-11-30
Nombre d'articles : 12

Articles

Rooster Town: Winnipeg's Lost Métis Suburb, 1900–1960
David G. Burley
Au printemps 1959, la Ville de Winnipeg a ordonné l'éviction de quatorze familles, principalement Métis, pour libérer les terrains nécessaires à la construction d'une nouvelle école secondaire dans le sud de Winnipeg. Depuis au moins une décennie, ce quartier défavorisé, connu sous le nom de Rooster Town, a attiré des plaintes de la part des résidants de la nouvelle banlieue environnante en raison de la proximité de ces familles d'ascendance mixte qui donnait une image indolente, immorale et irresponsable et dont les enfants transmettaient à l'école primaire des maladies contagieuses. Les angoisses exprimées par les habitants des banlieues ont ainsi donné lieu à un colonialisme encore plus important que lorsque la constitution de la ville de Winnipeg avait donné lieu au refus de reconnaître aux autochtones une place dans la ville. Plusieurs instances municipales, de pair avec le développement urbain, ont évincé la population autochtone et l'ont repoussé vers la périphérie de la ville, jusqu'à ce qu'elle n'y trouve plus de place. Le démantèlement de Rooster Town a effacé les dernières témoins visibles de la continuité de la communauté Métis, qui y avait survécu depuis le dix-neuvième siècle et qui à son apogée dans les années 1930, comptait plusieurs centaines d'habitants.
Constructing an Urban Drug Ecology in 1970s Canada
Greg Marquis
En 1970, de jeunes chercheurs ont effectué des recherches basées sur des participants observateurs dans les milieux de la drogue à Vancouver, Winnipeg, Toronto, Montréal et Halifax. Ces recherches ethnographiques, effectuées pour le compte de la Commission fédérale d'enquête sur la consommation non médicale de drogues (Commission LeDain), faisaient partie d'un vaste programme de recherche non publiée. La commission, qui a déposé un rapport préliminaire en 1970, un rapport sur le cannabis en 1972 et un rapport final en 1973, a adopté une approche globale de la question des drogues et de la société. Cet article examine ces études non publiées en tant qu'exemple d'une collecte de renseignements relevant des sciences sociales au sujet de problèmes sociaux urbains. Les rapports traitaient du marché local des drogues illégales, de sa répartition géographique, de ses aspects organisationnels, des caractéristiques démographiques des vendeurs et des acheteurs de drogues de la culture du milieu de la drogue, et du comportement des consommateurs de drogues. Contrairement aux études plus anciennes qui ont adopté une approche sociologique et anthropologique des prisonniers et des « junkies » des classes défavorisées, ou à celles plus récentes qui ont étudié les populations marginales des villes, ces études reflètent l'intérêt de cette période pour la culture de la jeunesse des classes moyennes et pour la préoccupation croissante des milieux du traitement des dépendances pour l'usage des amphétamines.
The City, the Country, and Toronto's Bloor Viaduct, 1897–1919
Ann Marie F. Murnaghan
Il existe certaines structures urbaines qui illustrent les conceptions grandioses des bâtisseurs de villes du tournant du XXe siècle. À Toronto, le viaduc Prince Edward ou Bloor, qui en est un exemple, traverse la vallée de la rivière Don, l'un des éléments topographiques clés de Toronto, immortalisé par In the Skin of a Lion de Michael Ondaatje. Les plans de construction de ce viaduc ont été développés à partir de 1897, même si la construction n'a commencé qu'en 1913. Le cas du viaduc Bloor nous permet de considérer la mentalité progressiste de cette époque en nous donnant accès à la façon dont les discours de l'époque sur le rapport entre nature et culture et campagne et ville, se sont intégrés dans les discours entourant la planification de sa construction. Sur le plan technique, le viaduc était un exploit d'ingénierie enjambant trois vallées, qui facilitait la circulation entre l'est et l'ouest de la ville, ainsi que l'échange des denrées alimentaires et du bois de construction. Symboliquement, ce monument illustre la capacité des bâtisseurs de maîtriser la nature à l'aide d'un pont et ainsi de créer une image esthétisée de la nature au sein de la ville. Les plans et la construction de ce viaduc intègrent cette contradiction entre la maîtrise de la nature et l'amélioration de son accessibilité. L'exploration du symbolisme et des aspects matériels de ce monument rend d'autant plus remarquables les contradictions à l'égard de la nature dans le processus de construction de la nation.

Comptes rendus

Trent, Peter F. The Merger Delusion. How Swallowing Its Suburbs Made an Even Bigger Mess of Montreal (Montréal/Kingston : McGill-Queen's University Press, 2012), 672 p.
Harold Bérubé
Ghorra-Gobin, Cynthia (dir.). Dictionnaire critique de la mondialisation, 2e édition, Paris, Armand Colin, 2012, 645p.
Laurent Devisme
Kerr, Daniel R. Derelict Paradise: Homelessness and Urban Development in Cleveland, Ohio. Amherst and Boston: University of Massachusetts Press, 2011. Pp. 295. Photographs and maps.
David Hood
Bourillon, Florence et Annie Fourcaut (dir.). Agrandir Paris, 1860-1970. Paris : Publication de la Sorbonne, Comité d'histoire de la Ville de Paris, collection Histoire contemporaine, 2012, 433 pp.
Annie-Claude Labrecque
Serna, Pierre et Gaël Rideau. Ordonner et partager la ville : XVII–XIXe siècles, Rennes : Presse universitaire de Rennes, 2011, 222 p.
Marie-Pascale Leclerc
Gilbert, Dale. De cloches et de voix. Patrimoine de la vie paroissiale à Notre-Dame-de-Grâce de Québec, 1924–2009, Québec, Éditions Zemë, 2012, 123 p.
Dominique Marquis
Harris, Richard. Building a Market: The Rise of the Home Improvement Industry, 1914–1960. Chicago: University of Chicago Press, 2012. Pp 431. Illustrations, photographs.
Jonathan McQuarrie
Laurin, Suzanne. L'échiquier de Mirabel, Boréal, Montréal, 2012 (29,95$)
Mario Polèse
Bourillon, Florence (éd.) Changer les noms des rues de Paris. La Commission Merruau—1862 (Rennes/Paris : Presses universitaires de Rennes/Comité d'histoire de la ville de Paris, 2012), 348 p.
Mathieu Trépanier
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