URBAN HISTORY REVIEW/
REVUE D'HISTOIRE URBAINE

REVUE D'HISTOIRE URBAINE Vol. XXXVI, No. 1

Octobre 2007

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Les rapports riverains de la ville : Sherbrooke et ses usages des rivières Magog et Saint-François, XIXe – XXe siècles

Stéphane Castonguay et Dany Fougères

Résumé

Cet article analyse le travail continu de révision et de mise en oeuvre des rapports riverains de la ville de Sherbrooke. Sherbrooke est situé aux confins de la Magog et de la Saint-François, qui toutes deux se posent à la fois comme frein et tremplin au développement de la ville. C’est autour de la présence de ces rivières dans la ville de Sherbrooke que nous aborderons les rapports riverains. Au rythme des préoccupations sur la présence de l’eau dans la ville, ces rapports riverains se matérialisent également en fonction de la diversité des usages des rivières : production d’énergie hydraulique et hydro-électrique, construction de mur de soutènement et dragage pour maintenir un débit régulier, déversement d’eaux usées et approvisionnement díeau potable, aménagement récréo-touristique. Sur une période de près de 100 ans, soit des débuts de l’industrialisation de la ville aux années 1970, la matérialité propre à chacun des rapports riverains est tour à tour revue et corrigée, et les pratiques qui y sont associées, remplacées. Ce qui reste de toute cette succession, ce sont les rivières elles-mêmes et des rapports qui trouvent leur matérialité dans les rives et les lits continuellement aménagés. En fait, notre recherche nous amène à considérer les rivières comme des infrastructures qui, tel un service public ou une voie publique locale, devaient continuellement s’adapter à la demande économique, sociale et culturelle changeante, mais qui, inversement, ordonnaient les développements de la ville, de l’espace urbain et de ses usages.
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Development Controls in Toronto in the Nineteenth Century

Raphaël Fischler

Résumé

Les études historiques de l’urbanisme réglementaire contemporain tendent à situer ses débuts durant la première ou deuxième décennie du vingtième siècle, quand les règlements de zonage modernes furent adoptés. Or, comme l’on remarqué certains chercheurs, les règlements de construction et d’utilisation du sol ont pris forme au dix-neuvième siècle et même avant. Ce travail examine les mesures de contrôle mises en place par la municipalité de Toronto entre 1834, quand elle fut constituée, et 1904, quand elle adopta le règlement no. 4408, que l’on voit souvent comme le premier pas de la Ville vers le zonage moderne. En termes techniques, il semble qu’un appareil cohérent, bien que minimal, de réglementation de l’utilisation du sol fut déjà présent dès les années 1860. Durant le courant du dix-neuvième siècle, les codes de la construction et les lois sur les nuisances montrent l’intervention grandissante des autorités publiques dans le développement de la ville industrielle. Le contrôle municipal de la production matérielle et de l’activité humaine se diversifie et s’exprime dans des arrêtés municipaux de plus en plus complexes. En termes politiques, les règlements révèlent un souci croissant de la différentiation socio-spatiale de la ville et de ses valeurs foncières, plutôt que de ses problèmes de santé et de sécurité. Le développement graduel de la réglementation de l’utilisation du sol suggère que les villes nord-américaines, bien que portées à emprunter des pratiques les unes des autres et de leurs vis-à-vis européennes, ont construit le zonage sur place, en accord avec des besoins, ressources et contraintes (économiques, politiques et légales) locaux, et en avançant petit à petit, un règlement, un amendement à la fois.
page 32

Swatting Flies for Health: Children and Tuberculosis in Early Twentieth- Century Montreal

Valerie Minnett and Mary-Anne Poutanen

Résumé

En juillet 1912, le journal Montreal Daily Star répondait à l’appel lancé par des médecins de la ville et des réformateurs urbains et annonçait le concours « Swat the Fly » (Chasse à la mouche) dans toute la ville afin d’éliminer une terrible porteuse de maladie : la mouche. Les enfants qui rapportaient le plus de mouches mortes recevaient une récompense. Ainsi, presque mille enfants, principalement de familles de la classe ouvrière, s’inscrivirent à cette compétition qui dura trois semaines. Inciter des enfants montréalais à participer à ce concours faisait écho à une idée très répandue à cette époque, idée selon laquelle le meilleur moyen d’améliorer la santé publique et de combattre l’ignorance d’une génération était d’armer la suivante de connaissances. Tandis que la plupart des historiens/iennes reconnaissent que le succès des campagnes de promotion de mesures de santé publique reposait sur la participation des enfants, les jeunes restaient néanmoins souvent dépeints comme des bénéficiaires passifs des efforts menés par les réformateurs. Cet article démontre qu’au contraire, les enfants étaient des agents actifs dans les croisades de santé publique à la fois en tant que consommateurs et défenseurs.
page 45

Modernizers and Traditionalists in Postwar Hamilton, Ontario: The Fate of a Farmers’ Market, 1945–1965

Danielle Robinson

Résumé

Entre les années 1945 et 1965, le Marché des fermiers de Hamilton est à la fois cité comme un joyau historique et culturel irremplaçable ou condamné comme une institution démodée et sans valeur. Le débat au sujet du marché prend place à l’époque de l’expansion des banlieues après la Deuxième Guerre mondiale, alimentée et facilitée par l’automobile. Ce changement dans le paysage d’après-guerre contribue à l’essor d’une puissante idéologie moderniste, provoquant aussi une réplique traditionaliste. Le débat sur le sort du marché envisage la réduction, la relocalisation et même l’élimination complète du marché. On s’entend enfin sur une solution et la construction d’une rampe de stationnement sur le site et l’installation du marché au premier niveau de la structure sont mises en chantier en octobre 1960. Cette victoire pour le camp des modernistes préfigure des projets de rénovation urbaine de grande envergure qui domineront la scène politique régionale à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix.

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