URBAN HISTORY REVIEW/
REVUE D'HISTOIRE URBAINE

URBAN HISTORY REVIEW Vol. 37, No. 1

Automne 2008

page 3

Les ingénieurs sanitaires à Montréal, 1870–1945 : Lieux de formation et exercice de la profession

Robert Gagnon et Natasha Zwarich
Cet article a pour objet les ingénieurs sanitaires à Montréal depuis leur émergence, au XIXe siècle, jusqu’au milieu du siècle dernier. Peu étudiés par les historiens de la médecine et, plus généralement, par les spécialistes de l’histoire urbaine, ces experts ont pourtant joué un rôle de premier plan dans la mise en place de certaines infrastructures liées à la santé publique. Il est cependant difficile de retracer l’histoire d’un groupe qui ne s’est pas incarné dans des organismes de représentation et dont la formation, à l’intérieur des écoles de génie ou des facultés de médecine, ne s’est pas complètement autonomisée. En retraçant l’itinéraire de carrière de quelques ingénieurs sanitaires et en analysant le développement de l’enseignement du génie sanitaire à Montréal, nous avons tenté de jeter un peu de lumière sur un groupe d’experts relativement méconnus en histoire urbaine.
page 21

Social Gospel in the City: Rev. W. E. Gilroy and Hamilton Clergymen Respond to Labour Issues, 1911–1918

Melissa Turkstra
Cet article examine les réponses du milieu ecclésiastique aux problèmes que posait le milieu du travail au début du XXe siècle à Hamilton en Ontario. Alors que la majorité des religieux de Hamilton ont ignoré ces problèmes, un petit groupe de pasteurs, dirigé par le pasteur congrégationaliste W. E. Gilroy, a développé des relations étroites avec la main-d’œuvre syndiquée. Les pasteurs de ce groupe ont soutenu la cause des travailleurs autant hors de la chaire qu’en chaire. En plus de faire de ces problèmes du travail des thèmes réguliers de leurs sermons, ces pasteurs ont organisé des réunions de travailleurs pour discuter des enjeux sociaux de leur milieu, dans lesquelles ils ont pris la parole, soutenu publiquement les causes sociales et pris la défense des chômeurs et des ouvriers en grève.
page 36

Old Home Week Celebrations as Tourism Promotion and Commemoration: North Bay, Ontario, 1925 and 1935

Françoise Noël
Cet article traite des célébrations entourant la Réunion des anciens de 1925 et 1935, qui ont eu lieu à North Bay, en Ontario, tant du point de vue de la promotion touristique que de l’exploitation du passé par ses citoyens. La promotion touristique en 1925 reflétait l’enthousiasme et la conviction profonde que North Bay bénéficierait prochainement de la construction du canal maritime de la baie Georgienne. En 1935, la nature du tourisme avait changé et la principale stratégie promotionnelle visait à associer une visite aux jumelles Dionne à Corbeil à un séjour à North Bay. En 1925, North Bay a aussi célébré son histoire par un défilé historique, rendu hommage à ses pionniers et transformé la cérémonie de sa constitution en tant que ville en représentation dramatique publique. Quant à la célébration de la Réunion des anciens de 1935, elle se caractérise par un manque de focalisation, mais la décentralisation de son organisation a donné l’occasion aux Canadiens français de North Bay et de la région de participer à l’événement davantage qu’ils ne l’avaient fait en 1925 et de commémorer le 400e anniversaire de l’arrivée de Jacques Cartier au Canada. Leur désir d’une plus grande participation aux affaires municipales prenait ainsi forme et le monument érigé à cette occasion devenait le symbole de leur présence dans la ville. Les célébrations entourant la Réunion des anciens peuvent servir à étudier à la fois la promotion touristique et l’ordre social de la ville.
page 48

Reform and Empire: The Case of Winnipeg, Manitoba, 1870s–1910s

Kurt Korneski
Pendant la période couvrant la fin du dix-neuvième et le début du vingtième siècle, une quantité de journalistes, de ministres, de médecins, d’hommes d’affaires, d’avocats, de dirigeants syndicaux, de politiciens et de membres d’autres professions ont réclamé une lutte à la pauvreté, aux taudis, aux pensions de mauvaises réputations, à l’alcoolisme, à la prostitution, aux mauvaises conditions de travail, à l’infrastructure scolaire inadéquate et à d’autres plaies sociales. Bien qu’ils aient représenté un éventail de positions politiques et préconisé toute une gamme de stratégies pour s’attaquer à ce qu’ils considéraient des problèmes, les historiens en sont venus à nommer ce mouvement « réforme urbaine » ou « mouvement de réforme urbaine ». Au cours des décennies passées, les historiens ont développé deux principales approches dans l’étude de cette activité marquée au Canada. Certains historiens, écrivant surtout avant le milieu des années 80, ont avancé que ce mouvement correspondait à un effort de reconstruire la nation, en réponse à l’anonymat, aux conflits et aux maux sociaux évidents de la société moderne, urbaine et industrielle. Plus récemment, les chercheurs ont mis en lumière qu’au Canada, la réforme a souvent précédé des développements urbains et industriels, et que les institutions soutenues par les réformateurs, comme ultérieurement les agences d’état, se préoccupaient davantage de réglementation en matière morale, d’assistance familiale et du maintien de l’ordre libéral, relevant de conceptions patriarcales de sexe et de race. Cet article montre que, aussi important que puissent être le développement industriel urbain et la réglementation morale, la compréhension de la réforme au Canada exige que l’on tienne compte d’une composante additionnelle de complexité qui a déjà fait l’objet d’analyses. En particulier, ces analyses montrent que nous devons concevoir les réformateurs canadiens et leurs institutions en tant qu’enracinés dans l’histoire de plus grande ampleur de l’impérialisme européen et en particulier de l’impérialisme britannique.